Service canadien de renseignements criminels - 2000

 
murray.jpg MESSAGE DU PRÉSIDENT

SERVICE CANADIEN DE RENSEIGNEMENTS CRIMINELS

COMMISSAIRE J.P.R. MURRAY

S’il est relativement simple de définir le crime organisé à l’intérieur de certains paramètres précis, il est beaucoup plus difficile d’en mesurer les caractéristiques intangibles ou d’en jauger les effets sur la société. Comme le souligne le document que vous vous apprêtez à lire, cependant, il ne fait pas de doute que le crime organisé est animé principalement pas l’appât du gain et qu’il possède une grande facilité d’adaptation, cherchant et exploitant continuellement des possibilités nouvelles et plus rentables. Il dispose de ressources considérables et, par sa capacité à s’infiltrer dans les structures sociales et économiques légitimes, il a les moyens de causer des dommages énormes au tissu social canadien.

Certains groupes criminels organisés sont unis par des origines communes, tandis que d’autres se définissent par leur spécialisation dans des formes précises d’activités criminelles. Et bien que le présent rapport fasse état ces différences, on y insiste également sur le fait que les similitudes entre les groupes de criminels organisés pourraient se révéler encore plus cruciales. Ils collaborent tous entre eux. Ils cherchent tous des façons d’étendre leurs activités et d’acquérir des monopoles. Ils explorent toutes les nouvelles formes de criminalité et les nouvelles technologies. Ils cherchent tous à acquérir une certaine légitimité. Ils essaient tous d’exercer leur emprise sur des régions géographiques précises. Ce sont là les caractéristiques fondamentales du crime organisé dans son ensemble, caractéristiques qui définissent non seulement ce qu’il fait aujourd’hui, mais aussi ce qu’il fera demain.

Le crime organisé est plus que la somme de ses parties. Il s’agit d’un phénomène économique, politique et social très complexe et il est essentiel, en tant que nation, que nous trouvions des façons innovatrices de le réprimer. Le défi que pose le crime organisé ne concerne pas seulement une institution ou un corps de police donné, mais bien chacun de nous. C’est pourquoi la collaboration, que ce soit entre les organismes, entre les gouvernements ou entre les citoyens canadiens et leurs communautés, est l’arme la plus efficace dont nous disposons contre le crime organisé.

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Rapport 2000