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CRIME ORGANISÉ DE SOUCHE ASIATIQUE
Faits saillants
Partout au pays, les groupes de criminels organisés de souche
asiatique sont mêlés à l'importation et au trafic de
stupéfiants, à la contrefaçon de monnaie, de logiciels,
de cartes de crédit et de débit, à la prostitution,
au jeu illégal, à l'extorsion et à divers crimes de
violence.
Les groupes de criminels organisés de souche asiatique continuent de s'associer à d'autres groupes de criminels organisés au Canada et à l'étranger et d'élargir leur association à des bandes de jeunes et de rue. Ils utilisent souvent des membres de bandes de rue comme auxiliaires pour exécuter leurs activités criminelles et comme sources de recrutement. Au Canada, les criminels organisés de souche asiatique s'installent principalement dans les grands centres tels que Toronto, Vancouver, Calgary, Montréal et Edmonton, mais de plus en plus, les petites villes leur servent de pied-à-terre où ils produisent leurs cartes de crédit contrefaites et commettent des vols qualifiés.
Les activités des groupes de criminels organisés de souche asiatique continuent d'influer sur la société canadienne, et on n'établit peut-être pas d'emblée que ces effets découlent du crime organisé. Par exemple, dans l'Ouest canadien, on a appréhendé en six semaines plus de quarante enfants dans des installations de culture de marihuana exploitées par des groupes de criminels organisés de souche asiatique. Les enfants avaient été exposés à des fumées toxiques et à des risques d'incendie et forcés de livrer des drogues ou de faire de la surveillance.
Les groupes de criminels organisés de souche asiatique continuent de tenir un rôle prédominant dans l'importation d'héroïne et de cocaïne. Actuellement, dans le Lower Mainland (Colombie-Britannique), environ 7 000 cultures sont exploitées par des groupes de criminels organisés de souche asiatique et des bandes de motards hors-la-loi.
Au cours de 1999, on a terminé deux enquêtes importantes en Colombie-Britannique. La première, une opération policière conjuguée, a mené à douze accusations d'individus associés à un réseau international de trafic de drogues. Le réseau exportait aux États-Unis de la marihuana cultivée en Colombie-Britannique et importait de la cocaïne des États-Unis. L'autre enquête a donné lieu à 28 accusations.
En Alberta, une longue opération policière conjuguée, à laquelle ont participé divers services de police, s'est soldée par l'arrestation de plus de quarante individus qui ont presque tous été accusés d'être membres d'une organisation criminelle. La plupart des accusés sont détenus en attendant l'enquête et l'audition préliminaires.
Il y a une escalade remarquable de la violence associée au crime organisé de souche asiatique dans l'Ouest canadien. En 1999, à Edmonton, deux bandes rivales mêlées au trafic d'héroïne et de cocaïne ont pris part à une guerre chaude qui a fait deux morts et trois blessés. À Yellowknife, où quatre groupes de criminels de souche asiatique identifiables s'adonnent au trafic de la cocaïne et à la prostitution, on constate une hausse marquée des saisies d'armes prohibées et d'armes à autorisation restreinte provenant de trafiquants de drogues asiatiques.
En juin dernier, à la suite d'une opération d'infiltration, on a démantelé un réseau important de criminels organisés de souche asiatique trafiquant de l'héroïne et de la cocaïne entre Vancouver et Edmonton. À ce que l'on prétend, des quinze suspects arrêtés, certains d’entre eux avaient participé à la guerre chaude qui avait eu lieu à Edmonton, en 1999.
Le crime organisé de souche asiatique est toujours présent
au Manitoba et en Saskatchewan. En Saskatchewan, les associés du
crime asiatique s'occupent de trafic de l'héroïne, de prostitution,
de contrebande, de fraude et de contrefaçon. Au cours de 1999, dans
le cadre d'une enquête anti-drogue ayant pour cible des groupes de
criminels organisés de souche asiatique, on a réussi à
faire cesser les activités d'un groupe qui trafiquait de la cocaïne
et du
crack dans la région de Winnipeg. Quarante-huit personnes ont
été arrêtées et accusées d'infractions
relatives aux drogues et d'autres infractions au Code criminel.
Dans la région du Grand Toronto, le groupe criminel de souche asiatique dominant est le DAI HUEN JAI (alias les Big Circle Boys). Connu principalement pour sa fabrication et sa distribution de cartes de crédit contrefaites et d'autres documents, ce groupe se livre aussi au trafic de drogues, à l'extorsion, à la prostitution et au jeu illégal.
En 1999, l'industrie des cartes de crédit à connu des pertes de plus de 226 M$, ce qui signifie une hausse de 70 % par rapport à 1998. Les transactions par carte de crédit contrefaite représentent environ la moitié des activités frauduleuses.
Le territoire des Mohawks d'Akwesasne, près de Cornwall, a servi de point d'acheminement pour les groupes de criminels organisés de souche asiatique qui transportent de la marchandise de contrebande, tout comme Walpole Island et la région du Golden Horseshoe. En 1999, on a saisi plus de 7 000 documents contrefaits et documents de voyage falsifiés ayant une valeur marchande de 122 M$ de groupes de criminels organisés de souche asiatique et d'autres groupes de criminels organisés et individus.
En 1999, les autorités canadiennes ont intercepté quatre navires qui devaient servir à introduire en Colombie-Britannique plus de 500 immigrants illégaux chinois provenant de la province de Fujian. En raison de la nature secrète de cette activité, on ne peut évaluer exactement le nombre de personnes qui arrivent au Canada, bien qu'on sache que les passeurs font transporter des gens par air, par terre et par mer. Tout comme les immigrants illégaux de la République de la Chine arrivant par air, la plupart des immigrants à bord de navires se rendent aux États-Unis, où bon nombre d'entre eux se retrouvent à s'acquitter de leurs dettes en travaillant dans des ateliers clandestins et des maisons de débauche.
Le passage de clandestins a un potentiel de profit énorme. Par exemple, les organisations criminelles demandent à un immigrant éventuel jusqu'à 70 000 $US pour le faire passer en Amérique du Nord. Le Centre international pour l'élaboration de politiques en matière de migrations estime qu'à l'échelon mondial, les passeurs font jusqu'à 9,5 milliards de dollars de profit par année, ce qui constitue le double des gains annuels de Medellin, cartel notoire de la cocaïne, au faîte de son pouvoir.
Perspective